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La vie trépidante de Boris Vian en cinq extraits

Boris Vian
Crédit photo : Photomaton Archives Cohérie Boris Vian" (propriétaire du cliché) [CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Une citation de Boris Vian pour commencer : « Si le travail c’est l’opium du peuple, alors je ne veux pas finir drogué. »

C’est un véritable bourreau de travail qui le dit. Celui qui a constamment défié le microcosme culturel parisien a laissé derrière lui un patrimoine artistique considérable : une dizaine de romans, une quarantaine de recueils de nouvelles, une quinzaine de pièces de théâtre et d’opéra, des poésies à foison, des dizaines de chansons…

Cinq extraits qui ont marqué la courte vie de Boris Vian.

#1 : Boris Vian, un géant (1,90m) à la santé fragile

Les ennuis commencent en 1932. À tout juste douze ans, Boris contracte une angine infectieuse. Des rhumatismes articulaires subséquents provoquent une insuffisance aortique dont il ne guérira jamais. Fièvre typhoïde à 16 ans. Œdème pulmonaire à 36 ans. Il succombera à une crise cardiaque le 23 juin 1959, au début de la projection de l’adaptation cinématographique de J’irai cracher sur vos tombes.

#2 : Boris Vian était un fou de jazz

Ses études d’ingénieur l’ennuient. Son métier d’ingénieur encore plus. Volontiers pessimiste, il utilisera le jazz, et la littérature, pour tromper cet ennui. En 1937, il débute le jazz au Hot Club de France. Trompettiste passionné, il produit également une cinquantaine d’émissions radiophoniques consacrées au jazz et devient rédacteur en chef de Jazz News. Multipliant les spectacles de cabaret, il fera des rencontres mythiques : Duke Ellington, Charlie Parker, Miles Davis…

#3 : Ingénieur le jour, artiste la nuit

Boris Vian a deux vies.

La première fait bouillir la marmite. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur délivré par l’École centrale en 1942, il fait ses débuts professionnels à l’AFNOR, la même année. En 1946, il rejoint l’Office professionnel des industries et des commerces du papier et du carton appliquant le précepte : travailler moins pour gagner plus. Ce temps libre, il le consacre à la rédaction de son premier roman, L’Ecume des jours.

Sa seconde vie est celle d’un artiste accompli. Si la littérature et le jazz mettent du sel dans une vie qu’il juge monotone, Boris Vian aime également peindre, chanter, traduire, écrire des scénarios et faire l’acteur.

#4 : Un personnage volontiers frondeur, un brin provocateur

J’irai cracher sur vos tombes, une prétendue traduction de Vernon Sullivan, en réalité un pseudo, illustre à merveille le goût pour la provocation de Boris Vian. Accusé d’être « un assassin par procuration », cette œuvre le conduit devant les tribunaux. Il risque gros : deux ans de prison et 300.000 francs d’amende.

Dans la même veine, Le Déserteur, une chanson pacifiste, reçoit un très mauvais accueil dans ce climat d’après-guerre. Spectateurs, anciens combattants, maires, radios… Presque tout le monde le met sur la touche. Son producteur est même contraint de retirer le disque des circuits de distribution.

#5 : Un succès mitigé de son vivant

La presse, les associations de moralité et les lecteurs ne goûtent guère ses œuvres, c’est le moins que l’on puisse dire. Il faudra attendre les années 1960/1970 pour que la jeunesse daigne saluer son talent littéraire. L’Écume des jourset L’Arrache-cœurferont de Boris Vian un mythe, un classique enfin étudié au lycée. Boris Vian n’a donc pas roulé sur l’or et a même traversé des années difficiles après son divorce. Il enchaîna les piges et les traductions à une cadence infernale pour faire face à ses obligations financières.

Comme Léonard de Vinci, Boris Vian était de la race des polymathes, un esprit universel comme on dit.

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