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L’énigmatique château de Houska

Crédit photo : By Mirek256 - CC-BY-SA-3.0 from Wikimedia Commons

À 50 kilomètres au nord de Prague, en République tchèque, se dresse l’imposant château de Houska au sommet d’une colline boisée. Construit durant la seconde moitié du 13esiècle, sous le règne d’Ottokar II de Bohême, il est au centre de toutes les attentions des amateurs de paranormal. Au premier coup d’œil, le château de Houska est un château comme un autre, presqu’ordinaire en dépit de son allure sévère, lugubre diront certains. De nombreuses questions se bousculent dans l’esprit de celui qui tente d’en percer les secrets les plus profondément enfouis : qui est à l’origine de sa construction ? À quoi servait-il vraiment ? Pourquoi a-t-il été bâti à cet endroit reculé ? Autant d’interrogations, restées sans réponses, qui contribuent à alimenter le folklore et sa funeste réputation par-delà les frontières tchèques. Même si l’on n’est pas naturellement passionné de sciences occultes, l’histoire du château de Houska fascine. À vous d’en juger.

Sa localisation est un non-sens, pour ne pas dire une aberration

Personne ne se rend au château de Houska par hasard. On y va comme d’autres vont en pèlerinage à Lourdes. Pour en ressentir les vibrations. Dans l’espoir de vivre une expérience surnaturelle aussi. Et il faut être sacrément motivé pour visiter le château de Houska trônant fièrement au sommet d’une colline difficile d’accès. Les visiteurs doivent se frayer un chemin au milieu de marais et d’une forêt épaisse et repoussante avant d’arriver à destination.

Le château de Houska ne servait à rien, en apparence

Sans fortifications, sans eau et sans cuisine, il n’avait même pas une vocation résidentielle de nombreuses années après que sa construction fut achevée puisque… sans occupant. Présentait-il un quelconque intérêt stratégique ? Non plus. Aucune frontière à protéger dans le coin et retiré des routes commerciales, il n’embrassait aucun objectif militaire ou marchand. Le domaine n’était pas non plus propice à la chasse. La question qui vient alors à l’esprit est la suivante : à quoi servait-il ?

Un château en toc

Un château comme un autre le château de Houska ? Pas vraiment. En y regardant de plus près, la plupart de ses fenêtres sont factices et donnent sur des murs solides. Encore plus troublant, ses défenses sont tournées vers l’intérieur de la cour elle-même entourée de chemins de ronde inaccessibles car… sans escaliers. Alors qu’un château est conçu pour empêcher les intrus de pénétrer dans son enceinte, le système défensif du château de Houska semble vouloir empêcher quelque chose d’en sortir.

Une faille à l’origine du folklore

Les locaux étaient terrifiés à l’idée de quitter leur domicile à la nuit tombée. Les récits rapportent des descriptions de créatures terrifiantes, à moitié humaines et à moitié démoniaques sorties d’une faille située à l’actuel emplacement du château. On tenta dans un premier temps de combler ladite faille en y jetant des pierres. En vain. La faille semblait sans fond. On dépêcha alors une équipe sur place afin d’explorer ce trou vite affublé de surnoms inquiétants : « la porte de l’enfer » ou encore « la porte de l’autre monde ». On proposa à un condamné à mort l’arrangement suivant : en échange du plein pardon de ses crimes, il acceptait de descendre dans la faille au moyen d’une corde et de reporter ses observations une fois remonté à la surface. Moins d’une minute après avoir investi la faille, le condamné se mit à crier comme un damné. Selon la légende, le jeune homme aurait vieilli de trente ans, sa chevelure aurait blanchi et, pire encore, il aurait perdu la raison. Confié aux bons soins d’un asile, il serait décédé deux jours plus tard de cause inconnue. L’expérience aurait été reconduite plusieurs fois avec, à chaque fois, le même résultat. On estime, sans aucune certitude cependant, que le château fut construit dans l’objectif de colmater cette faille, la chapelle faisant office de bouchon. De lourdes plaques de pierres scellent désormais la prétendue porte de l’enfer.

Une sinistre chapelle en guise de repoussoir

Murs suintants et lugubres révèlent des fresques délavées aux scènes inquiétantes. Deux fresques murales mettent en scène l’archange Michel, le chef des armées de Dieu dans son combat contre le Mal. Dans la première, il terrasse un dragon, symbole du Mal absolu. Dans la seconde, il soupèse les âmes au jour du Jugement Dernier, armé d’une épée et d’une balance. Bien plus inhabituel, cette fresque relevant de la mythologie païenne : un centaure tenant un arc dans sa main gauche. Une représentation picturale qui a de quoi interroger, de par son caractère païen bien sûr, mais aussi parce que c’est la seule fresque de ce genre et que les gauchers étaient associés au diable lui-même au Moyen Âge. Le type de fantaisie créative qui pouvait vous envoyer sur le bûcher.

Des témoignages et visiteurs dantesques

Le commandant Oronto, un mercenaire suédois, et ses troupes de malandrins occupèrent les lieux durant la Guerre de 30 Ans, en quête d’un élixir de vie éternelle. Oronto, considéré comme un alchimiste ainsi qu’un mage noir, y aménagea un laboratoire dans lequel il se livra à des expériences peu recommandables.

Par la suite, le château de Houska cultiva sa sinistre réputation. L’Empereur Ferdinand III l’appelait « le château maudit ». Ça donne le ton.

En 1836, le poète Karel Hynek Mácha fit une expérience abominable qu’il s’empressa de détailler dans une lettre adressée à son ami Edward Hindle. Une jeune femme, un ange blond selon Mácha, lui aurait montré un avenir infernal mécanisé où il errait entre horreur et désespoir. Pour ajouter au caractère pittoresque de l’expérience, cette vision du futur était projetée depuis un petit cercueil semblable à un projecteur.

Plus proche de nous, on sait que les SS ont séjourné au château de Houska entre 1939 et 1945. Pour y faire quoi ? Nul ne le sait. Face à la progression des armées russes et américaines, les SS ont quitté les lieux non sans avoir détruit toute trace de leurs activités (dossiers, témoins…) au préalable. Quand on sait que l’emplacement du château ne présente aucun intérêt militaire et qu’on connaît le penchant pour l’occulte de Himmler, et des nazis en général, on ne peut s’empêcher de penser que leur présence à Houska n’avait rien d’anodin. Certains estiment que les SS tentaient de créer une race parfaite en ces lieux chargés de forces sombres. D’autres imaginent que le château de Houska est construit selon un principe de géométrie sacrée autorisant les voyages temporels. Aussi farfelues que soient ces hypothèses, la présence des SS n’a fait que renforcer le mythe du château de Houska.

Oiseau morts et autres phénomènes

Alors qu’ils ont effectué un long voyage pour découvrir par eux-mêmes le château de Houska, nombreux sont les visiteurs qui ont du mal à pénétrer dans le château. À l’origine de leurs craintes, malaises, sentiment d’être épié, baisse de température, bruits de coups, voix, chuchotements, cris, ombres. Certains visiteurs affirment même avoir été poussés ou frappés. Les plus téméraires ont pu observer les cadavres d’oiseaux tombés morts en survolant la cour intérieure. Ou entendre des grattements et autres gémissements en provenance de la faille scellée. Plus terrifiant, de multiples témoignages font état d’une chaîne humaine, comprendre des centaines de damnés enchaînés ensemble, blessés et tourmentés par un énorme chien noir (encore un symbole de l’enfer).

Conclusion

Si l’intendance du château a exploité les légendes afin d’attirer tout ce que la planète compte de passionnés de paranormal, d’occulte et d’ufologie, à l’image de cette salle de Lucifer un peu trop clinquante pour tromper le chaland, le château de Houska est devenu un mythe et pose beaucoup de questions demeurées sans réponses à ce jour : pourquoi le château a-t-il été construit ? Qu’est-ce qui se cache dans la faille ? Que signifient les fresques murales ? Pourquoi est-il situé à cet endroit ? Pourquoi ses défenses sont-elles tournées vers l’intérieur ? Qui en a commandité la construction ? Pourquoi a-t-il attiré les SS ? Les secrets du château de Houska n’ont pas fini de captiver les amateurs de sensationnel.

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La curiosité n'est pas un vilain défaut.

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