Et si l’habitat participatif avait le pouvoir de changer le monde ?

habitat participatif
Et si l'habitat participatif changeait le monde ?

Si vous ne connaissez pas (encore) l’habitat participatif, le principe est le suivant : des personnes, qui ne se connaissent pas forcément au départ, se regroupent, mutualisent leurs moyens et leurs envies autour d’un projet immobilier commun. Aux parties privées classiques viennent se greffer des espaces communs du plus grand intérêt. Vendu au même prix qu’un logement standard, l’habitat participatif présente d’innombrables avantages. En voici deux parmi d’autres.

L’habitat participatif à destination des publics fragiles

Si l’habitat participatif permet d’améliorer le cadre de vie d’une communauté au sens large, il convient de souligner que ses bénéficiaires ne sont pas uniquement des jeunes familles dans la force de l’âge. Rappelons que les valeurs de partage et d’entraide sont des caractéristiques communes aux porteurs de projets. Ainsi, mixité sociale et générationnelle s’immiscent dans la conception de nombreux projets.

C’est grâce à ces valeurs que l’habitat participatif peut répondre à deux problématiques sociétales majeures :

Problématique n°1 : la dépendance des séniors

Si de nombreux actifs attendent avec impatience la retraite, la réalité est parfois décevante. Mal préparée, la retraite peut couper du monde des personnes pour lesquelles le travail était un leitmotiv.

Le logement familial devient trop grand, trop difficile à entretenir, trop cher. Certains déménagent et se logent dans des appartements plus modestes, au milieu de résidents inconnus, dans l’anonymat le plus total. Demeure alors un problème de fond pour de nombreuses personnes : la question de leur utilité.

La hantise la plus commune chez les personnes âgées reste de devoir troquer leur logement contre une maison de retraite, à cause de leur perte d’autonomie.

Vous me direz : que vient faire l’habitat participatif dans cet enjeu sociétal ? C’est très simple, il résout de nombreuses problématiques. En favorisant mixité sociale, générationnelle, entraide et solidarité, l’habitat participatif crée un climat favorable à l’épanouissement du groupe :

  • Les personnes âgées restent sociabilisées grâce à la bienveillance de la communauté ;
  • Elles peuvent transmettre leur savoir aux plus jeunes générations ;
  • Les Anciens deviennent les « Papy-Mamy » des enfants du groupe ;
  • Elles aident les parents pour les gardes, les sorties des écoles, les devoirs et les activités pendant les vacances.

Cette effervescence communautaire maintient les personnes âgées dans une dynamique propice à conserver une bonne santé physique et mentale. Elles peuvent aussi compter sur l’entraide de leur voisinage pour leurs courses et être aidées dans certaines tâches ménagères, par exemple.

Le moment du départ en maison de retraite est ajourné et, finalement, ne concerne que les cas de dépendance les plus avancés.

En plus d’offrir un cadre de vie qualitatif aux personnes âgées, le déploiement de l’habitat participatif permettrait d’assainir les finances publiques. En effet, les maisons de retraite représentent un coût prohibitif, aussi bien pour les résidents que pour la collectivité… alors qu’elles ne répondent que faiblement aux enjeux de la dépendance et du bien-être des séniors. Bref, tout le monde gagnerait à voir l’habitat participatif se développer, à commencer par les séniors.

Problématique n°2 : les personnes handicapées

Le handicap peut revêtir plusieurs formes et concerner des personnes plus ou moins jeunes. En dépit des normes encadrant la construction de logements neufs, les besoins spécifiques de ces personnes ne sont que partiellement entendus ; si les normes répondent en partie au handicap physique, qu’en est-il, par exemple, des parents dont l’enfant est autiste ?

Comme pour les personnes âgées, la sociabilisation est au cœur des enjeux. Aspirer à une vie normale dans un cadre de vie le plus qualitatif possible est le vœu le plus cher de ces personnes en difficulté. Ce supermarché dans l’Oise a bien compris la nécessité de créer un climat bienveillant à l’endroit des plus fragiles.

La vie communautaire, les activités, l’entraide, la solidarité apportent une partie des réponses attendues. Le fait de concevoir, dès la genèse du projet, les adaptations nécessaires au handicap permet de disposer d’une solution parfaitement adaptée à moindre coût. Les travaux d’adaptation nécessitant souvent la dépose de l’existant, ce surcoût est donc évité.

Pour en revenir aux parents dont l’enfant souffrirait d’une forme d’autisme, une communauté bienveillante assurera un meilleur éveil de l’enfant. Dans un habitat collectif classique, au mieux, le climat sera déshumanisé, au pire, conflictuel.

Qu’en pensent les professionnels de la construction ?

Il est intéressant de constater que les promoteurs prennent la question de l’habitat participatif très au sérieux. Pour le moment, l’habitat participatif en France peine à décoller en raison d’un encadrement « artisanal » des projets, dont la majorité ne voit jamais le jour (trop technique, trop chronophage, etc. pour des néophytes).

En ce sens, l’initiative d’Icade, avec sa solution l’Appart’ici’pation, est très prometteuse. Le concept rend l’habitat participatif viable en permettant aux projets d’aboutir. Leur premier programme bénéficie d’un emplacement de premier choix en plein cœur du nouvel écoquartier de Châtenay-Malabry, à proximité du domaine départemental de Sceaux. Bref, nous sommes loin du cliché de l’habitat participatif perdu au beau milieu de nulle part…

Des jalons sont déjà posés et les futurs résidents pourront définir entièrement leur logement, les plateaux étant bruts et modulables. Il est ainsi possible d’aménager un plateau entier, de créer des duplex, etc. Mais pour en revenir au thème de l’article, les séniors ou handicapés pourront aménager leur habitat en fonction de leurs besoins spécifiques. Par exemple, l’ascenseur a la possibilité d’ouvrir sur un double accès. Grâce à une clé spécifique, la porte peut ouvrir directement sur un appartement. Pour une personne à mobilité réduite, c’est le genre de détail qui facilite la vie au quotidien.

Renseignements prix auprès du promoteur, ce programme dispose également d’un jardin commun, d’une toiture terrasse : 150 m² chacun, en région parisienne, ça vaut son pesant d’or. Et les prix au mètre carré confirment nos analyses : le tarif est identique à celui de logements neufs situés dans le même écoquartier. Où l’on comprend que mieux se loger n’est pas forcément plus cher, contrairement à une idée très (trop) répandue…

Conclusion sur l’habitat participatif

Les exemples d’habitat participatif fonctionnant à merveille sont légion. Ce type d’initiative offre 3 avantages évidents :

  1. Le prix au mètre carré est identique au prix d’un logement standard ;
  2. Les projets sont taillés sur-mesure pour que chacun y trouve son compte ;
  3. L’habitat participatif peut répondre aux grands défis sociétaux.

Parmi les grandes questions sociétales, le logement, bien sûr. Mais aussi la dépendance des séniors et de meilleures conditions de vie pour les personnes souffrant d’un handicap.

La multiplication des projets d’habitat participatif permettrait de répondre concrètement à ces enjeux sociétaux majeurs. En apportant une réponse plus humaine, moins coûteuse et porteuse de valeurs, l’habitat participatif ne présente que des avantages. La Norvège, la Suisse ou encore l’Allemagne ont parfaitement saisi le défi de l’habitat participatif. Pourquoi pas la France ?

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