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Henri Dunant : sa vie, son œuvre en 11 dates clés

La plupart de ses idées s’étant réalisées, on peut affirmer sans craindre de se tromper que Henri Dunant était un visionnaire très en avance sur son temps. Pêle-mêle, Henri Dunant évoque la Croix-Rouge bien sûr, mais aussi l’expansion du YMCA (rien à voir avec la musique), la fondation de l’État d’Israël, l’Unesco, son engagement pour la libération des esclaves en Amérique du Nord ou encore l’égalité des femmes. Sa vie, son œuvre en 11 dates charnières.

8 mai 1828 : naissance de Jean-Henri Dunant à Genève

Il est l’aîné de 4 frères et sœurs ayant grandi au sein d’une famille appartenant à la bourgeoisie moyenne. Le père est commerçant, membre du Conseil représentatif de Genève et philanthrope à ses heures, celui-ci s’occupant entre autres de la Chambre des Tutelles (les orphelins). La mère évolue dans le secteur de la bienfaisance. Henri Dunant baigne donc dans une atmosphère de responsabilité sociale dès sa prime enfance.

30 novembre 1852 : fondation d’un groupe chrétien genevois

10 ans après avoir quitté définitivement le Collège Calvin pour cause d’insuffisance géniale, il fonde un groupe genevois, noyau de la Young Men’s Christian Association (YMCA ou, en français, L’Union Chrétienne des Jeunes Gens) qui verra le jour en 1855 et dont la charte sera rédigée par Dunant.

1849 : en marche pour une carrière de banquier

Se consacrer à Dieu, aux pauvres et à la recherche d’une vocation pendant 7 ans, c’est bien, mais ça ne fait pas bouillir la marmite. Son père lui met donc la pression et l’exhorte à se trouver un travail. Il débute ainsi un enseignement à la banque Lullin et Sautter et devient banquier en 1852. Dès 1853, il est envoyé en Algérie pour les affaires.

24 juin 1859 : ses affaires sont catastrophiques

Henri Dunant ne se laisse pas abattre pour autant et envisage de demander à l’Empereur Napoléon III de l’aider à sauver ses entreprises. Carrément. Il arrive donc, au soir du 24 juin 1859, à proximité du champ de bataille de Solférino. Et, là, c’est le choc : près de 40000 soldats blessés et tués sont abandonnés à leur sort sur le champ d’une bataille qui a duré quinze heures. Refusant d’encaisser sans rien faire cette vision d’horreur, il organise la prise en charge des blessés en improvisant un hôpital dans la plus grande église de Castiglione delle Stiviere. L’hôpital de fortune accueille des centaines de blessés français, piémontais et autrichiens en justifiant ce choix supranational par cette formule : « Ils sont tous frères dans le malheur ».

Septembre 1862 : publication de son livre « Un souvenir de Solférino »

Trois années ont passé mais pour Henri Dunant, impossible d’oublier la boucherie de Solférino. Dans son livre, imprimé à ses frais, il détaille la victoire de Napoléon tout en faisant découvrir une autre facette, moins glorieuse, de la guerre : des soldats battus à mort et l’agonie sans fin des blessés. Les 1600 exemplaires de son ouvrage sont distribués à des personnalités politiques et militaires dans toute l’Europe. Hormis quelques rares critiques, l’accueil de Souvenir de Solférino est très positif.

17 février 1863 : première réunion du Comité des Cinq

Outre Henri Dunant lui-même, le Comité des Cinq (ou Comité de Genève) comprend le juriste Gustave Moynier, le général Guillaume-Henri Dufour, les médecins Louis Appia et Théodore Maunoir. On considère la date de cette première réunion comme la date de création du Comité International de la Croix-Rouge.

22 août 1864 : première convention de Genève

Les représentants de 12 États ratifient la première convention de Genève laquelle se réfère largement aux propositions de Henri Dunant.

Printemps 1865 : Henri Dunant est décoré par Napoléon III

Cinq ans après avoir reçu (en même temps que louis Appia) l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare de la part de Victor-Emmanuel II, futur roi d’Italie, en récompense de son action à Solférino, il est décoré de la Légion d’honneur des mains de Napoléon III.

17 août 1867 : condamné pour faillite frauduleuse par le tribunal de commerce de Genève

Grande négligence dans la gestion de ses affaires + Moynier qui s’emploie à lui maintenir la tête sous l’eau en jouant de ses relations = déclin financier de Henri Dunant. Il lui faudra patienter jusqu’en 1895 et un article publié dans le journal Die Ostschweiz de Saint-Gall pour que son travail, notamment en tant que fondateur de la Croix-Rouge, soit reconnu.

1901 : prix Nobel de la paix

En 1901, il reçoit avec Frédéric Passy, qui a consacré sa vie à l’idéal pacifiste, le premier prix Nobel de la paix.

Il s’éteint dans la soirée du 30 octobre 1910…

… en faisant promettre d’être « porté en terre comme un chien le serait, sans une seule de vos cérémonies que je ne reconnais pas ». Il a passé les dernières années de sa vie à l’hôpital de Heiden alternant les phases dépressives et les épisodes de peur maladive d’être poursuivi par ses créanciers et son terrible adversaire Moynier. Ses derniers mots : « Ah, que ça devient noir ! »

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