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James Dean et Little Bastard, jusqu’à ce que la mort les sépare

James Dean, tout le monde connaît. L’histoire de sa Porsche 550 Spyder, affectueusement baptisée Little Bastard, littéralement « petite sal… », un peu moins. Pourtant, la légende de Little Bastard mérite largement le temps que vous allez consacrer à lire cet article. Une folle histoire déclinée en trois actes. Comme dans une comédie dramatique. Séquence miquettes.

Acte 1 : Sur la route de Salinas

James Dean nourrit plusieurs passions. Le cinéma, bien sûr, mais aussi les conquêtes féminines et la vitesse. Entre deux films, Dean vit pour la compétition automobile. Il vient d’acquérir une des 90 Porsche 550 Spyder, produites entre 1953 et 1956, moyennant la modique somme de 5.000 dollars, une fortune à l’époque.

Little Bastard ne laisse personne indifférent. Elle met l’entourage de l’acteur-pilote mal à l’aise. À commencer par sa nouvelle conquête, Ursula Andress, qui refuse catégoriquement de prendre place à bord du bolide. Jamais avare de plaisanteries, Dean y décèle une rivalité féminine… Ses amis, Nick Adams, Alec Guinness et Georges Barris lui confessent également leur malaise à propos de ce véhicule, l’enjoignant de s’en séparer au plus vite. Mais des conseils des uns et des autres, Dean n’en a cure. En termes de ligne et de performances, la 550 est l’outil rêvé pour faire décoller sa carrière de pilote automobile et rivaliser avec les meilleurs pilotes de son époque.

Départ pour la course de Salinas, en Californie, le 30 septembre 1955 en début d’après-midi

Dans la 550, Dean est accompagné de son mécanicien allemand, Rolf Whüterich. Ils sont suivis de Bill Hickman, cascadeur et ami de James Dean, et de Sanford Roth, photographe, tous deux ayant pris place dans une Ford tractant une remorque vide, Dean ayant décidé au dernier moment de profiter du voyage pour roder son nouveau jouet et se faire la main avant la compétition californienne.

Little Bastard va croiser la route d’une Ford Custom Tudor, conduite par un jeune étudiant de 23 ans, Donald Turnupseed. Si James Dean a testé la vitesse  et les réactions du bolide à maintes reprises, ce qui lui a d’ailleurs valu une contravention pour excès de vitesse peu de temps après le départ, au moment du choc, il ne dépassait pas les 90 km/h. Turnupseed affirme avoir été ébloui par le soleil ; il n’a pas vu la 550 foncer sur lui au moment où il quittait la route principale coupant la priorité à James Dean… Le choc est violent. Rolf Whüterich est éjecté, complètement sonné, mais vivant. Turnupseed s’en sort aussi. Quant à James Dean, il est tué sur le coup, à seulement 24 ans.

Acte 2 : Little Bastard, la voiture de la mort

Jamais à court d’idées pour faire du pognon, Barris rachète l’épave moyennant 2.500 dollars. Objectif : revendre la voiture en pièces détachées à des fans prêts à surenchérir pour acheter un bout du mythe James Dean ou à des amateurs de compétition automobile. Sordide. Peut-être. Mais l’affaire est conclue et Little Bastard est livrée chez Barris. Elle tombe du camion de livraison et lui brise les deux jambes. Voilà une affaire qui débute sous les meilleurs auspices !

Bref, Barris passe une annonce et ça commence à mordre. Deux médecins passionnés de courses automobiles, Troy McHenry et William Eschrich se portent acquéreurs du moteur et de la transmission de Little Bastard. Ils participent à une course à Pomona. Course durant laquelle deux pilotes font une sortie de route : McHenry et Eschrich. Le premier se tue en percutant un arbre. Le second finira ses jours dans un fauteuil roulant.

Les accidents vont se multiplier au fil des ans

Un autre acheteur négocie deux pneus de Little Bastard. Moins d’une semaine après, il est victime d’un accident, les deux pneumatiques ayant éclaté simultanément. Et la litanie macabre est loin de prendre fin.

Dans le cadre d’une campagne de prévention routière, la California Highway Patrol invite Barris à exposer l’épave de la 550. Barris accepte. Un peu de publicité n’est jamais mauvais pour les affaires après tout. Un incendie au show room qui expose Little Bastard détruit tous les véhicules. Sauf un. Vous devinez lequel ?

Un an après la mort de James Dean, Little Bastard est exposée, solidement suspendue en l’air, dans une kermesse locale. Trois boulons cèdent. La Porsche 550 tombe et blesse un adolescent âgé de 15 ans qui, profondément choqué, affirme à qui veut l’entendre que la 550, une fois au sol, se serait précipitée sur lui.

La même année, Little Bastard est remorquée en vue d’une autre exposition à Salinas. Pendant le voyage, le chauffeur est impliqué dans un accident violent. L’attelage se détache et le conducteur est éjecté de la cabine. Il s’en sort sans une blessure. Le miracle est de courte durée. Il se dirige vers la remorque afin de vérifier la qualité de l’attelage et meurt écrasé par la voiture qui se détache brusquement.

En 1957 et 1958, rebelote. Deux chauffeurs routiers sont victimes d’accidents mortels alors qu’ils transportent Little Bastard. Ça commence à sentir le souffre cette affaire-là se dit Barris.

En 1959, lors d’une énième exposition à la Nouvelle Orléans, la voiture se brise en onze morceaux distincts, sans raison apparente.

Départ à la casse

La presse s’empare de l’histoire de la 550 maudite et, sous la pression de l’église et autres organisations religieuses, Barris se décide à faire broyer Little Bastard dans une casse située au Nord-Ouest des États-Unis. Adieu, les juteux bénéfices. Un chauffeur accepte de convoyer la funeste 550 de Miami à l’État de Washington… Histoire de ne prendre aucun risque, elle est enfermée dans un container, scellé au moyen de plombs. A l’arrivée, surprise ! Bien que les joints d’expédition sont demeurés intacts, Little Bastard s’est volatilisée et n’est jamais réapparue depuis.

Le Volo Museum, situé dans l’Illinois, propose une récompense d’un million de dollars à toute personne permettant de remettre la main sur l’épave. Le musée est contacté par un habitant de l’État de Washington, Shawn Reilly, affirmant être âgé de 6 ans au moment de la disparition de la 550. Il affirme avoir été témoin de l’histoire. Selon lui, son père et d’autres hommes auraient emmuré Little Bastard dans un bâtiment désaffecté de la région de Whatcom County. Un mythomane en quête d’un million de dollars ? On pourrait d’autant plus le croire que le sieur Reilly refuse de révéler l’emplacement de l’épave à moins de 3 millions de dollars garantis par contrat. Toutefois, au-delà de ces considérations vénales, le directeur du musée, Brian Grams, est convaincu que l’histoire de Reilly tient la route, sans jeu de mots. Reilly connaît certains détails troublants et le détecteur de mensonges n’a révélé aucune anomalie dans son discours.

Acte 3 : Le mythe James Dean, la légende Little Bastard

Si la mort de l’acteur a propulsé la naissance du mythe James Dean, que dire de Little Bastard qui a fait couler au moins autant d’encre que son glorieux propriétaire ?

Les hypothèses les plus farfelues ont vu le jour. L’une des plus marquantes relève de la magie noire. Avant de prendre la route, Dean a connu une brève liaison avec Maila Nurmi, une actrice de films d’horreur à petit budget et, accessoirement, membre d’une église sataniste.

Dean, qui a déjà la réputation d’être un chaud lapin, ne veut pas entacher sa réputation avec une romance passagère, surtout avec une actrice de ligue 2. Il convoque donc la presse et dément en bloc cette liaison : les yeux dans les yeux, je vous le dis, je n’ai pas et je n’ai jamais eu de liaison avec cette Maila Nurmi…

Blessée dans son amour propre, Meila Nurmi débarque en plein tournage et fait un esclandre. Elle menace Dean. La Spyder qu’il chérit tant va causer sa perte et tous les acteurs présents sur le plateau vont connaître une mort violente prévient-elle. Amusant. Sauf que les acteurs visés par la malédiction vont mourir jeunes et dans des circonstances dramatiques. Sal Mineo, poignardé à l’âge de 37 ans. Nick Adams, décédé d’une overdose à 36 ans. Natalie Wood, noyée à 43 ans. De là à parler de magie noire, il n’y a qu’un pas.

Alors ? Coïncidences ? Voiture maléfique ? Objet ensorcelé ? Histoires insolites ? A vous de voir. La légende de Little Bastard a la vie dure, celle-ci faisant même l’objet d’un épisode de la série Supernatural, Fallen Idols pour ne pas le nommer.

Amateurs d’histoires étranges et insolites, le château de Houska vous tend les bras.

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