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4 bonnes raisons de lire La Route de Cormac McCarthy

La Route Cormac McCarthy
Crédit photo : Points / © Marion Ettlinger

Ils étaient sur la route toute la sainte journée… Une route sombre et cruelle. Une route jonchée de cadavres carbonisés et arrosée par une pluie de cendres incessante. Un père et son fils affrontent la barbarie dans un décor de fin du monde. Bienvenue dans La Route (2006), un récit post-apocalyptique signé Cormac McCarthy.

La Route, un récit poignant de bout en bout

Jusqu’où est-on prêt à aller pour protéger ceux qu’on aime et leur épargner une souffrance dont l’atrocité dépasse l’entendement ? La Route, c’est la confrontation permanente du Bien et du Mal. Celle des valeurs et de l’anarchie la plus totale. Une plongée au cœur de la relation entre un père, « l’homme », et son fils, « le petit ». Le monde est dévasté. Par quoi, au juste ? Ce n’est pas le sujet de ce récit aux accents métaphysiques. « L’homme » ne veut pas s’avouer vaincu et veut imaginer, en dépit des circonstances, des lendemains meilleurs. Pas pour lui, dont la santé est chancelante, mais pour son fils à qui il tente d’inculquer le goût de la vie dans un environnement hostile où tout n’est plus que mort et désespoir et où la loi du plus fort s’est imposée comme l’ultime référence.

Lire La Route pour une ambiance de fin du monde comme si vous étiez

On ne lit pas La Route d’un œil distrait. On fusionne avec l’histoire. L’homme et le petit marchent en quête d’un monde meilleur et d’autres gentils, comme eux. Et on marche en leur compagnie, partageant leur détresse, observant les mêmes dangers, révoltés par les mêmes actes de sauvagerie, stupéfaits par les paysages de désolation que nous laissent entrevoir l’écriture sans concession de Cormac McCarthy. L’auteur a privilégié une œuvre insécable, sans chapitres, afin d’imprimer un rythme immersif à la lecture. Impossible de relâcher sa vigilance dans ce monde impitoyable car le danger peut frapper à tout instant.

Un roman donnant la priorité à l’essentiel

Qu’est-il arrivé ? Comment s’appellent le père et son fils ? Que faisaient-ils avant ? Que cherchent-ils vraiment ? Les questions se bousculent dans la tête du lecteur au fil des pages et elles demeurent invariablement sans réponses. Parce que l’essentiel n’est pas là. L’essentiel, c’est la mise en abyme d’un monde violent, sur la sellette, et la réflexion qu’entraîne cette distorsion narrative sur la condition humaine. Dans cette optique, McCarthy a privilégié un scénario épuré à l’extrême, misant sur les petites victoires (trouver de la nourriture ou bivouaquer). Il a également fait le choix d’une écriture simple et incisive afin de rendre hommage à la bravoure de cet homme et de son fils avançant coûte que coûte, trempés jusqu’aux os, amaigris par la faim et transis de froid. Deux flammes vacillantes dans un océan de noirceur. Dépersonnalisation des personnages, dialogues épurés, style percutant de McCarthy et immersion dans le quotidien intime des protagonistes créent une atmosphère oppressante.

Lire La Route, pour mieux apprécier le film sorti en 2009

Le réalisateur John Hillcoat a réussi l’exploit d’adapter La Route au cinéma. Considérant que le roman de Cormac McCarthy est un récit réduit à sa plus simple expression, bestiale et solitaire, la réalisation de Hillcoat résonne comme une véritable prouesse. Il convient de souligner le jeu d’acteur de Viggo Mortensen (l’homme) et de Kodi Smit-McPhee (le petit) qui épouse à la perfection l’ambiance confuse qui règne de bout en bout de l’histoire. Une histoire dans laquelle on peine à discerner la frontière séparant le bien du mal, tant les deux notions ont perdu leur sens dans ce monde en fin de course. Comme dans le livre, on s’attache vite aux deux protagonistes et on finit par redouter les mêmes dangers.

En conclusion

Oui, La Route est un roman noir dont on pressent au fil de la lecture qu’il ne peut pas connaître un dénouement providentiel. Mais on entretient malgré tout l’espoir, fut-il déraisonnable, qu’une issue positive est possible. Comme l’homme. On referme le livre, secoué de questions et de réflexions personnelles. En ce sens, La Route est une petite merveille, une pépite littéraire. Sans artifices fantastiques (comme dans The Walking Dead), McCarthy parvient à signer une œuvre magistrale qui est devenue une référence dans le registre dystopique. C’est ce qu’on appelle un chef-d’œuvre. Un chef-d’œuvre qu’on souhaite partager. C’est chose faite. Bonne lecture.

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4 points
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