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Siège de Paris : repas de Noël à base d’animaux du Jardin des Plantes

Siège de Paris Jardin des Plantes 25 décembre 1870
Wikimedia Commons

Assiégée par l’armée prussienne pendant plus de quatre mois, la ville de Paris affronte une terrible famine qui pousse ses habitants à consommer les animaux du Jardin des Plantes.

Le 19 septembre 1870, l’armée prussienne encercle Paris. Deux options stratégiques sont possibles pour le haut commandement allemand. Option un, bombarder la ville ou, option deux, forcer la ville à la reddition en l’assiégeant. Les forces armées de Guillaume 1er choisissent d’affamer Paris en espérant une capitulation rapide.

Les conséquences immédiates du Siège de Paris

Paris est coupée de la province. Plus d’approvisionnement possible. L’hiver est rude (jusqu’à -12°C en décembre) et, pour couronner le tout, les habitants sont privés de bois et de charbon. Sans gaz, les rues sont plongées dans l’obscurité la plus totale dès la tombée de la nuit.

Les Parisiens souffrent de cette situation. Enfin, surtout les plus démunis. Au début, les rationnements sont organisés tant bien que mal. Les prix de la nourriture flambent. On assiste alors à une scission de classes.

D’un côté, les privations touchent essentiellement les classes populaires dont le taux de mortalité double en quelques mois, conséquence directe des maladies pulmonaires dues au froid et à la malnutrition. Tout au plus, les indigents peuvent-ils assurer leur survie en se sustentant de rats hors de prix.

De l’autre, les plus fortunés mangent à leur faim, se délectant de mets de choix au cours de repas improvisés par les plus grands chefs. Des repas à la fortune du zoo.

Faute de grives, on mange des merles… ou des rats

Très rapidement, la viande vient à manquer, au même titre que les œufs, le beurre et le lait. Afin d’assurer des rations protéinées à ceux qui peuvent se les offrir, on commence à manger les chevaux, 70.000 au total. Quand la viande de cheval se fait rare, on se résigne à mettre chiens, chats et rats au menu. Comme le relate Victor Hugo (dont les habitudes alimentaires étaient, disons, étonnantes) dans Choses vues : « Nous mangeons de l’inconnu. »

Mais tout a une fin, même les rats. Alors, le Tout-Paris exécute les animaux du Jardin des Plantes pour se repaître de leur chair. Les seuls animaux échappant à ce funeste sort : les singes (jugés trop proches de l’homme), les fauves (trop dangereux) et les hippopotames (trop chers).

Castor et Pollux, deux éléphants d’Asie, ainsi nommés en référence aux deux fils de Zeus qui avaient aidé à mettre une raclée aux Étrusques, n’ont pas cette chance. Après avoir dévoré les grands herbivores, comme les antilopes, les ânes, les yaks, les chameaux et les zèbres, Castor et Pollux sont exécutés et servis dans les grands restaurants. Même en état de siège, les critiques gastronomiques se montrent sévères : « C’était dur, grossier et huileux et je recommande (…) de ne pas manger d’éléphant », chronique Tommy Bowles.

Un repas de Noël inoubliable au Voisin

Noël approche et le Tout-Paris s’inquiète du menu du 25 décembre. Même assiégés, on ne bouscule pas les traditions. Heureusement, il y a Find… Reprenons. Heureusement, il y a le chef Choron ! Son restaurant, le très huppé Voisin, propose un menu de Noël associant mets exotiques et carte des vins aux millésimes d’exception : Mouton Rotschild 1846, Romanée-Conti 1858, Château Palmer 1864…

Le chef Choron, à ne surtout pas confondre avec le professeur Choron, se montre particulièrement créatif : tête d’âne farcie, consommé d’éléphant, cuissot de loup, chat flanqué de rats…

Noël passe et les bombardements sur la capitale font rage, faisant près de 400 victimes pour le seul mois de janvier 1871. La convention d’armistice est adoptée le 26 janvier 1871, en soirée. Finalement, le 10 mai 1871, le traité de Francfort est signé, mettant un terme définitif aux expériences culinaires délirantes qui ont marqué la bourgeoisie parisienne.

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